Uncey-le-Franc L'association

Cabanes de pierre sèche

On peut encore voir sur le territoire d'Uncey, comme dans d'autres villages de la région ou d'ailleurs en France, de petites constructions en pierre sèche dont la dénomination la plus commune est "Cabane".
Suivant les endroits où on peut les rencontrer et aussi suivant leur fonction elles portent des noms extrêmement variés:

Sur internet, nous avons trouvé toute une documentation concernant ces cabanes de pierre en France. Elle est l'oeuvre d'un spécialiste de l'architecture rurale en pierre sèche, Christian Lassure. De son site internet, nous avons extrait les informations suivantes:

" C'est tout d'abord une architecture, en tant que l'on a affaire à une activité de construction qui s'est concrétisée dans des édifices caractérisés par des procédés de couvrement spécifiques.
C'est ensuite une architecture fondamentalement rurale, de part son implentation dans les campagnes, ses fonctions agricoles ou pastorales et son mode d'utilisation principalement temporaire.
C'est enfin une architecture de pierre sèche car le matériau d'élection est la pierre, extraite du sol en liaison avec les activités agricoles, et assemblée à sec, sans mortier, par économie de moyens. Mais c'est aussi une architecture populaire et anonyme, et une architecture du passé qui avait connu aux XVIIIe et XIXe siècles un essor spectaculaire lié à la forte croissance démographique des campagnes.
L'appellation la plus courante de ce type de construction est tout simplement "cabane", ou, suivant les parlers locaux: "cabanos", "chabanas", "tsabanas", "cabanas", ou "cabanons". Mais il existe tout un foisonnement de dénominations pittoresques: "cayons", "cayennes", "louèges", "loges", "bornottes", "cabinets", "cadoles ou cadeules", "chibottes", "tonnes", ...

L'originalité de ces édifices est d'associer la maçonnerie à sec à deux systèmes de voutage bien déterminés – la voûte à encorbellement et à inclinaison, et la voûte de claveaux. La première repose sur deux principes:
Celui de l'encorbellement, qui consiste à disposer les pierres de chaque assise en surplomb par rapport à celles de l'assise inférieure, en faisant en sorte qu'il n'y ait pas rupture d'équilibre;
Celui de l'inclinaison extérieur, qui consiste à imprimer aux pierres de chaque assise une légère inclinaison vers l'extérieur.
La voûte clavée en pierres sèches est quand à elle, une voûte de claveaux, c'est à dire de pierres dont les joints des lits en coupe convergent vers le même point. Dans sa conception intervient un cintre de bois.
Dans l'architecture de pierre sèche, c'est la voûte à encorbellement et à inclinaison qui est le plus souvent employée, l'appareil clavé se rencontrant principalement en Provence dans les bergeries d'estives et dans d'autres endroits du midi de la France."


A Uncey, nous avons trouvé 4 cabanes plus ou moins en bon état (photos 1 à 4), mais, il est tout à fait possible qu'il en existe d'autres, cachées dans un buisson ou dans un mur. La difficulté est souvent de les reconnaître lorsque la voûte est en partie ou tout à fait effondrée.

Les questions que l'on peut se poser à propos de ces cabanes sont celles de leur rôle et la période à laquelle elles ont été construites. En tout cas, elles sont petites, et ne devaient pas permettre d'abriter plus d'une personne; deux en se tassant.

L'usage le plus probable devait être celui d'abri de berger de moutons paissant sur la montagne, ou celui de gardien de troupeaux (bœufs, chevaux ou même porcs) dans un espace clos (parc) pour passer la nuit par exemple.

Ainsi, les cabanes 1 et 3 sont clairement incluses dans un mur assez conséquent qui aurait pu former une sorte de parc. L'ouverture de la cabane étant située sur l'intérieur de ce parc. La cabane no. 2 est par contre tout à fait isolée, sans relation avec un mur, et l'ouverture semble être à l'opposé de ce qu'on aurait pu penser étant donné la physionomie du terrain.


Photo 1.

Cette cabane est certainement la mieux conservée; mais on ne peut pas dire si les pierres de chaque coté de l'entrée supportaient d'autres pierres pour prolonger la voûte sur l'avant. Elle se trouve au Rondais (près de la ferme du Val d'Eté). Elle est incluse dans un mur qui forme une vaste zone; mais les contours sont difficile à cerner étant donnée la végétation assez épineuse.



Photo 2.

Cette cabane dont la voûte est effondrée est située au lieu-dit "au Québillot". Elle est isolée, il n'y a pas de mur autour. L'ouverture est coté Nord, ce qui n'était pas forcément la meilleure position? Pourrait-il s'agir d'un simple abri de berger?



Photo 3.

On peut voir sur cette photo que la voûte est en grande partie effondrée, mais il en reste encore quelques morceaux. Elle se trouve dans des taillis au lieu-dit "sur Rocherot". Elle est prise dans de grands murs formant une sorte de parc; et il semble même qu'il y aient eu des habitations à cet endroit.
La cabane de la photo 4 est située un peu à l'est du lieu-dit "au Désert". Elle est bâtie sur un piton rocheux (le fond du bas de la cabane est la roche et non pas des pierres empilées) ce qui permettait dans le temps où il n'y avait pas d'arbres à cet endroit de voir le vallon du ruisseau de Marcellois, et sur la droite la vallée de la Brenne. L'ouverture est du coté de la roche. C'était peut-être un abri de vigneron.
La photo 5 représente le grand mur de la partie Ouest du "Désert". Désert veut dire "vigne désertée". C'était la grande vigne des Hospitaliers: 30 ouvrées, soit 1,42 hectare.
Ce grand mur, parfois large de près de 4 mètres, est constitué des pierres enlevées à la vigne. Sur la photo on peut voir une zone rectangulaire dans le mur. C'était peut-être un abri pour plusieurs vignerons dont le toit était peut-être fait de branchages.



Photo 4.




Photo 5.
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